Comment se mettre en ondes alpha ?

Ondes alpha concentration

Que l’on dorme, que l’on pense ou que l’on soit pris dans une situation extrêmement stressante, nos neurones émettent un courant électrique de très faible amplitude et de fréquence variable. Les progrès de l’électroencéphalographie ont permis de mettre en évidence ces différents rythmes d’ondes cérébrales, qui correspondent à différents niveaux d’intensité de l’activité de notre cerveau. Comment se mettre en ondes alpha volontairement et quel est l’intérêt de modifier ainsi notre état de conscience ? C’est la question que j’aborde dans cet article. Question qui devrait intéresser toute personne désireuse d’augmenter sa maîtrise sur son propre mental.

En faisant varier la fréquence des ondes de notre cerveau, on peut améliorer dans le même temps nos capacités cognitives : mémorisation, concentration, raisonnement, prise de décision, etc.

Alors, réalité scientifique ou croyance ésotérique véhiculée par quelques gourous illuminés du développement personnel ?

Quelles conséquences en tirer pour nos activités quotidiennes ?

Voici quelques éléments de réponse.

Ondes alpha du cerveau et ondes cérébrales en général

Les rythmes cérébraux permettent d’identifier l’état psychologique de la personne chez qui on les observe. L’électricité cérébrale est ainsi, depuis maintenant près d’un siècle, un moyen d’étudier les cycles du sommeil ou d’appréhender certaines pathologies, comme l’épilepsie. À chaque niveau d’activité du cerveau peut être associé un état mental et le passage d’un état à un autre est corrélé à un changement de fréquence des ondes sinusoïdales mesurées. Les scientifiques ont ainsi identifié 5 tranches de fréquences.

Les ondes bêta

Ce type d’ondes est le plus observé en état normal d’éveil. Leur amplitude est très faible et leur fréquence se situe entre 12 et 40 Hz. Dans les fréquences les plus basses, elles caractérisent un niveau d’activité cérébrale relativement faible, qui mobilise peu l’attention du sujet. Mais cette tranche comprend aussi des fréquences plus élevées, associées à des activités qui requièrent un niveau d’attention plus élevés (activité mentale plus ou moins intense, voir légère anxiété). On parle donc d’ondes bêta1 et bêta2 pour distinguer ces deux niveaux de fréquences. Typiquement, lorsque vous regardez la télévision ou que vous lisez un livre, vos ondes cérébrales sont de type bêta1. En revanche, lorsque vous vous concentrez pour répondre à une question lors d’un examen stressant, elles sont probablement de type bêta2.

Les ondes gamma

Ces ondes ont une amplitude assez comparable à celle des ondes bêta, mais leur fréquence est supérieure à 40 Hz (pouvant aller jusqu’à 80 Hz). On les observe lors d’une activité cérébrale très intense, qui peut être liée à un niveau de concentration très élevé ou à une montée d’adrénaline importante à cause d’un événement traumatisant. On les observe aussi lors du processus de « liage perceptif », lorsque le cerveau synchronise des informations venant de modes sensitifs différents. Phases de création, résolution de problèmes, attention extrême : elles reflètent un plein état de conscience, durant lequel notre activité neuronale est à son maximum.

Les ondes delta

Ce sont les ondes associées à l’activité la plus faible du cerveau. Leur fréquence est donc la plus basse observée : en dessous de 4 Hz. Elles caractérisent le sommeil profond (sans rêves) et les états de relaxation physique les plus poussés. Une onde delta est considérée comme normale chez le très jeune enfant, mais, à l’âge adulte, elle peut être le signe de lésions cérébrales.

Les ondes thêta

Leur fréquence est légèrement plus élevée que celle des ondes delta : entre 4 et 8 Hz. Courantes chez l’enfant et l’adolescent, elles caractérisent un état de somnolence, de sommeil paradoxal (avec rêves) ou de mémorisation d’informations. Ce sont également les ondes que l’on observe en état de méditation ou d’hypnose.

Les ondes alpha

On en arrive enfin à la fréquence qui nous intéresse dans cet article : celle des ondes alpha, entre 8 et 12 Hz. Elles correspondent à un stade situé entre la veille et le sommeil : détente, relaxation légère, rêve éveillé. Dans cette tranche de fréquences, notre conscience est apaisée. C’est le type d’ondes que l’on devrait observer le plus souvent dans notre état normal, mais le stress du quotidien nous fait basculer en ondes bêta à longueur de journée. Revenir à l’onde alpha est donc un moyen de replacer notre activité cérébrale dans son contexte le plus naturel.

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Le rythme naturel des ondes alpha : meditation et état d’éveil

Les ondes alpha correspondent à un stade intermédiaire entre les ondes thêta et les ondes bêta. Elles peuvent ainsi bénéficier des aspects positifs des états cognitifs associées à ces deux types d’ondes cérébrales : l’apaisement de la méditation et la lucidité de l’éveil.

Il est d’ailleurs intéressant de noter que la fréquence alpha et très proche de la fréquence du champ de Résonance Schumann (7,8 Hz), qui correspond au champ électromagnétique de la Terre. Or l’interaction entre notre propre rythme électrostatique et ces rythmes naturels externes a une influence sur notre équilibre, notre santé, notre horloge interne, notre sommeil et bien des aspects de notre vie.

Comme nous l’avons vu, notre état ordinaire de conscience est généralement corrélé à des ondes de type bêta (entre 12 et 40 Hz). C’est le rythme de nos tâches quotidiennes : prises de décisions, comparaisons, catégorisations, observations, analyses synthèses, etc. Autrement dit, c’est le rythme de l’activité rationnelle, de la logique et de la causalité… Et c’est ce qui explique qu’il soit devenu notre rythme habituel dans la société occidentale, celle de la raison cartésienne.

Pourtant, ce n’est pas le rythme naturel de notre condition d’être humain. C’est un rythme éprouvant pour notre cerveau. Les ondes bêta nous plongent le nez dans le guidon et nous empêchent bien souvent de prendre le recul nécessaire pour nous élever au-dessus des situations les plus complexes. Ce « fanatisme de la raison raisonnante » (fustigé par Bourdieu dans ses Méditations pascaliennes) est responsable de biens des maux de nos sociétés contemporaines et replacer un peu d’insouciance dans nos vies nous aiderait à retrouver un certain équilibre.

Dépressions, burnouts, crises de la quarantaine, névroses en tous genres : toutes les pathologies sociales modernes naissent et se développent sur la fréquence des ondes bêta. Et notre quotidien hyper connecté nous prive de plus en plus des moments de détente et d’apaisement dont a besoin notre cerveau pour se ressourcer.

Dix minutes à tuer entre deux rendez-vous de la matinée ? Je me jette sur mon smartphone pour commander mes courses sur Chronodrive. Trente minutes de pause déjeuner ? Je me dépêche d’avaler mon sandwich pour aller vérifier sur Amazon si ce nouvel écran plat dont je n’ai pas besoin est toujours en promotion. Une heure en fin de journée avant de préparer le repas ? Je fais ma séance de sport bi-hebdomadaire en suivant à la lettre les consignes de mon application de coach virtuel. Deux heures de temps libre dans la soirée lorsque les enfants sont au lit ? Je regarde trois épisodes de cette énième série policière que j’ai commencée la semaine dernière et dans laquelle je ne parviens toujours pas à deviner qui est le meurtrier.

On n’accorde plus aucun moment de notre journée à la simple méditation, au fait de se retrouver seul avec soi-même, à laisser nos pensées divaguer, à faire le vide pour stopper, l’espace de quelques minutes, le bavardage informe qui habite notre cerveau en permanence. Même nos moments de détente mobilisent notre concentration et nous empêchent de laisser notre attention au repos.

Ce diktat des ondes bêta est totalement contre-productif, y compris, à terme, pour les tâches qui nécessitent de mobiliser notre raison.

Les effets du passage en ondes alpha : concentration et ondes cérébrales

Les neuroscientifiques ont observé que, lorsque notre activité cérébrale est en ondes alpha, les deux hémisphères de notre cerveau entrent en synchronisation. L’hémisphère droit et l’hémisphère gauche, qui fonctionnent habituellement de manière relativement indépendante, se mettent ainsi à fonctionner sur le même rythme ; ce qui permet d’harmoniser l’activité de plusieurs aires du cerveau et donc de plusieurs fonctions cognitives (langage, logique, sensibilité corporelle, émotions, etc.).

Plus de distinction entre un hémisphère associé à la raison (le gauche) et un hémisphère associé la créativité (le gauche). Les ondes cérébrales alpha mettent toutes nos facultés au diapason et nous aident à tirer le meilleur de nous-même.

C’est l’effet recherché par les personnes qui pratiquent la méditation : une sensation de force tranquille qui leur permet d’avoir le sentiment de se fondre dans l’univers et d’accéder à des niveaux de compréhension et de créativité hors du commun.

Savoir comment se concentrer dans un environnement qui offre une multitude de sources de distraction à notre esprit est une question que tout le monde se pose. La réponse réside peut-être dans ces ondes alpha, dont la fréquence nous permet de puiser au fond de notre cerveau une énergie intellectuelle que notre usage excessif de la raison tend à rendre inaccessible.

Dérationaliser nos pensées pour atteindre un meilleur niveau de concentration, de mémorisation et de logique : c’est ce qui fait le paradoxe des ondes alpha et en même temps toute l’étendue de leur potentiel pour la mémoire, l’apprentissage, la créativité et même la qualité du sommeil ou la gestion du stress.

Reste à savoir comment entrer en mode alpha sans tomber dans des considérations ésotériques qui relèveraient plus de la magie que des neurosciences. Comment se mettre en ondes alpha quand on est, comme moi, peu réceptif aux théories de la parapsychologie ?

Comment se mettre en ondes alpha dans la pratique ?

Comment atteindre un état modifié de conscience (ECM) et en l’occurrence mettre en œuvre les ondes alpha du cerveau ? Répondre à cette question implique inévitablement de s’intéresser au rapport entre ondes cérébrales et méditation. Je ne suis pas un spécialiste en la matière et j’avoue humblement avoir certains a priori sur la méditation (de moins en moins cependant…), mais voici le processus que j’applique personnellement pour me détacher de ma « raison raisonnante » et créer un contexte favorable à l’intuition et à la créativité.

Choix d’un stimulus acoustique pour passer en mode alpha

En soi, entrer en mode alpha est quelque chose d’assez simple, puisqu’on le fait tous inconsciemment plusieurs fois par jour. Là où cela se complique, c’est quand il s’agit d’y entrer volontairement et d’y rester. Pour cela, je ne connais rien de mieux que de s’aider d’une musique relaxante. L’idée est de choisir une musique qui s’entend plus qu’elle ne s’écoute. Privilégiez donc une musique sans paroles, douce et reposante. Vous en trouverez facilement sur internet.

En voici un exemple :

Vous pouvez utiliser celle-ci, mais je vous recommande d’en tester plusieurs, pour trouver celle qui vous apaise le plus, celle qui résonne en vous et vous permet de faire abstraction de ce qui vous entoure.

Création d’un conditionnement

Une fois votre stimulus acoustique choisi, il vous faut créer un conditionnement dans votre inconscient. Autrement dit, il faut que votre inconscient associe ce stimulus particulier à la production d’ondes alpha dans votre cerveau.

Pour votre première tentative, le plus simple est d’écouter cette musique avant de vous endormir, que ce soit le soir ou durant la journée avant de faire une sieste. La méditation est un terme fortement connoté, mais c’est bien ce qu’il s’agit de mettre en œuvre. Ne surestimez pas l’ampleur de la tâche. Essayez simplement de faire abstraction autant que possible des bruits environnants et des pensées qui parasitent votre conscience. Laissez votre esprit libre de voguer au fil de la musique. Faites sauter toutes les résistances psychologiques de votre conscience, jusqu’à ce que vous vous endormiez…

À force de répéter cette expérience, vous constaterez progressivement que votre musique relaxante accélérera votre processus d’endormissement. Cela signifie que votre inconscient commence à intégrer ce stimulus et à l’associer au mode alpha. Au-delà des intérêts du mode alpha en lui-même, vous tenez déjà là une astuce pour dormir. Cela aidera les personnes qui peinent à savoir comment dormir rapidement. Il s’agit en fait d’une forme assez basique d’auto hypnose favorisant le sommeil.

Mise en œuvre de l’état modifié de conscience

Votre stimulus acoustique est maintenant associé dans votre inconscient au passage en mode alpha. D’une certaine manière, votre cerveau est donc conditionné à régler son fonctionnement sur le rythme alpha dès qu’il entend le stimulus. Il ne vous reste donc plus qu’à réemployer ce stimulus en état d’éveil pour faire automatiquement baisser la fréquence de vos ondes cérébrales et vous plonger dans un état d’apaisement propice à la concentration.

Pour optimiser l’efficacité du stimulus, je vous recommande d’utiliser un casque audio. Cela vous aidera à faire abstraction de votre environnement.
Si vous sentez que votre esprit a du mal à lâcher prise, continuer d’entretenir votre conditionnement en écoutant votre musique avant de dormir et, bien sûr, ne changez pas de musique. Le conditionnement de l’inconscient repose sur la répétition.

Lorsque vous serez parvenu à un excellent niveau de maîtrise, il sera même possible de développer un conditionnement plus bref pour passer en mode alpha : par exemple le fait de croiser vos bras sur une table et d’y faire reposer votre tête ou, plus simplement, de prononcer « mode alpha ».

En ce qui me concerne, je vous avoue que je n’en suis pas encore là. Mais je tâche de m’accorder régulièrement des moments de relaxation durant lesquels mon stimulus acoustique me permet de lâcher prise et d’exploiter les facultés cognitives associés aux basses fréquences de l’activité neuronale.

Me poser la question de savoir comment se mettre en ondes alpha m’a permis de développer une concentration de meilleure qualité et des processus d’apprentissages accélérés. Je mets notamment cela à profit lorsque je lis un livre dont je veux retenir le contenu.

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